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Dans quels comptes placer son argent en 2024?

L’investissement est un des aspects les plus importants de la planification financière personnelle car il permet de faire fructifier son patrimoine à long terme. Et bien choisir les comptes dans lesquels on place son argent est presqu’aussi important que les investissements eux-mêmes.

Dans cet article nous allons discuter des comptes à privilégier pour ses investissements en 2024 et les types de placements qu’on peut détenir dans ces comptes.

Les comptes d’investissement à privilégier en 2024

Au Canada on distingue les comptes enregistrés avec le Gouvernement et les comptes non enregistrés.

Les comptes enregistrés comme le nom l’indique, sont enregistrés avec le gouvernement et offrent certains avantages fiscaux. Ces comptes sont également assortis de certaines restrictions telles que le montant qu’on peut y investir chaque année, les actifs qu’on peut y détenir et les usages qu’on peut en faire.

Les comptes non enregistrés quant à eux n’ont aucune restriction sur les contributions mais n’offrent aucun avantage fiscal.

De façon générale, on doit privilégier les comptes enregistrés pour ses investissements. Ceux-ci sont nos paradis fiscaux personnels que le gouvernement nous offre alors il serait contre-intuitif de ne pas en profiter pour faire fructifier son patrimoine.

Voici les comptes à privilégier en 2024 pour nos placements:

  1. Le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP)
  2. Le régime enregistré d’épargne retraite (REER)
  3. Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI)
  4. Le régime enregistré d’épargne-études (REEE)

Le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP)

Comme son nom l’indique ce compte sert à épargner à l’abri de l’impôt pour l’achat d’une première propriété. Si on est déjà propriétaire, on n’a pas droit à ce compte. Mais, dans le cas contraire, ce compte est à privilégier avant le REER et le CELI.

Avantages du CELIAPP

Le CELIAPP est à privilégier avant le REER et le CELI car il combine les avantages de ces deux comptes. J’en ai parlé en long et en large dans cet article. Avec le CELIAPP, on a:

  • Une limite de contribution annuelle de 8000$. Toute personne qui ouvre un CELIAPP a droit à 8000$ de limite de contribution sans égard à son revenu ou un historique d’emploi. La limite à vie est 40 000$
  • La possibilité de déduire nos contributions de notre revenu imposable. On peut soustraire nos contributions au CELIAPP de notre revenu imposable pour diminuer notre facture fiscale. On peut aussi les reporter à des années ultérieures c’est-à-dire contribuer dans une année x et déduire ces contributions dans une autre année y dans le futur.
  • La possibilité de transférer les sommes détenues dans le CELIAPP dans le REER sans affecter la limite de contribution du REER. On doit fermer son CELIAPP 15 ans après l’avoir ouvert. Si on n’a pas acheter de maison au bout des 15 ans, on peut transférer tout l’argent détenu dans le CELIAPP dans le REER sans aucune incidence sur la limite de contribution du REER.
  • L’argent retiré du CELIAPP pour l’achat d’une maison n’est pas remboursable comme lors qu’on utilise le Régime d’accession à la propriété du REER.
  • On a droit à la limite de contribution annuelle du CELIAPP même si on immigre au Canada en cours d’année. Il suffit d’avoir 18 ans ou plus, son numéro d’assurance sociale et respecter les autres conditions liées au CELIAPP. J’en ai parlé en détails ici.

Pour toutes ces raisons, il est préférables pour les personnes éligibles au CELIAPP d’en ouvrir un et de le privilégier comme véhicule de placements.

Le régime enregistré d’épargne retraite (REER)

C’est le deuxième type de compte à privilégier pour nos placements en 2024. Il y a un débat historique sur la question de savoir s’il faut privilégier le REER ou le CELI lorsqu’on ne peut pas contribuer aux deux comptes.

La plupart du temps on recommande de privilégier le CELI lorsqu’on a un faible revenu et de de privilégier le REER lorsque son revenu est un peu plus élevé et que la déduction des contributions est plus bénéfique.

Cela semble effectivement une approche logique. Sauf qu’un salaire plus élevé signifie aussi plus de responsabilités. Pour certains, c’est le moment où ils commencent à agrandir leur famille, où ils achètent leur première maison. Il n’est donc pas évident de dégager 18% de son salaire pour contribuer au REER malgré toute la bonne volonté et la discipline.

C’est pourquoi je pense qu’il est bon de privilégier le REER à tout moment. Peu importe son niveau de revenus. Comme mentionné pour le CELIAPP, on peut cotiser à son REER cette année et reporter la déduction à une année ultérieure.

Il me semble donc une bonne idée d’accumuler des cotisations qu’on pourra déduire plus tard lorsque le revenu sera plus élevé mais qu’on aura trop de responsabilité pour cotiser.

De plus, la taxation qui survient lorsqu’on retire de l’argent du REER est un bon frein pour certaines personnes qui manqueraient de discipline et voudraient puiser dans leur REER à chaque fois qu’il y aurait un problème à résoudre. J’ai personnellement retiré l’argent de mon CELI à plusieurs reprises mais les contributions que j’ai faites à mon REER en 2018 alors que j’étais étudiante internationale et que je gagnais moins de 20 000$ par année, y sont encore aujourd’hui.

Avantages du REER

  • On peut cotiser 18% du revenu imposable de l’année précédente. La limite de contribution est indiquée sur l’avis de cotisation et on peut y accéder à tout mon compte sur son compte en ligne de l’Agence de Revenu du Canada
  • Les cotisations sont reportables indéfiniment jusqu’à ce qu’on convertisse le REER en Fonds enregistré d’épargne retraite (FERR) l’année de ses 71 ans. En d’autres mots, si la limite de contribution est de 10 000$ en 2023 et qu’on n’a pas pu cotiser les 10 000$, cette limite va s’ajouter à celle de 2024, et ainsi de suite jusqu’à l’année où on atteint 71 ans d’âge et qu’on convertisse le REER en FERR. Il vaut mieux ne pas trop reporter ses contributions cependant.
  • Les cotisations faites au REER peuvent être déduites du revenu imposable. Ceci est l’un des plus gros avantages du REER. Si on contribue la limite maximum de son REER, on peut significativement réduire son revenu imposable et donc bénéficier d’autres avantages comme plus d’allocations d’enfants ou un crédit de TPS plus élevé.
  • On peut cotiser une année et déduire les cotisations dans une année ultérieure
  • On peut cotiser au REER du conjoint si un des partenaires a des revenus moins élevés. Cela diminuera le revenu imposable à la retraite.
  • Le retrait du REER est soumis à une retenue d’impôt à la source (sauf dans le cadre du Régime d’accession à la propriété ou du régime d’encouragement à l’éducation permanente). Certains pourraient penser que c’est un désavantage mais comme j’ai mentionné plus haut, cela permet aux gens qui n’ont pas de discipline de ne pas puiser dans leur épargne retraite. Et on suppose que les retraits du REER se feront à la retraite lorsque le revenu est moins élevé que lorsqu’on travaillait. Donc cela reste bénéfique d’y contribuer

Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI)

Le CELI est le dernier type de compte enregistré qu’on va privilégier pour nos placements en 2024, lorsqu’on aura maximisé nos CELIAPP et REER. La limite de contribution du CELI en 2024 est de 7000$. Une personne qui vivait au Canada et avait 18 ans ou plus en 2009 et qui n’a jamais cotisé à son CELI, aura une limite de contribution totale de 95 000$ en 2024.

Avantages du CELI

  • Tous les gains réalisés dans le CELI sont libres d’impôts
  • Les retraits effectués dans un CELI dans une année sont rajoutés à la limite de contribution de l’année suivante
  • Il n’y a pas de limite d’âge pour arrêter de contribuer au CELI.
  • On n’a pas besoin d’avoir gagner un revenu d’emploi pour avoir droit à une limite de contribution au CELI
  • On a droit à la limite de contribution annuelle du CELI même si on immigre au Canada en cours d’année. Il suffit d’avoir 18 ans ou plus et son numéro d’assurance sociale.

Le régime enregistré d’épargne-études (REEE)

Le REEE est un compte qui permet aux parents de cotiser pour les études post-secondaires de leurs enfants à l’abri de l’impôt. La limite de contribution à vie au REEE est de 50 000$ par enfant. Il n’y a pas de limite annuelle de contribution.

Avantages du REEE

  • Le gouvernement fédéral verse une subvention de 20% du montant cotisé au REEE jusqu’à un maximum de 500$ par an et 7200$ à vie. Il faut donc cotiser 2500$ par an au REEE pour avoir la subvention gouvernementale de 500$ par an
  • Le gouvernement du Québec verse aussi une subvention de 10% des contributions effectuées à un REEE jusqu’à un maximum annuel de 250$ et un maximum à vie de 3600$. Un parent vivant au Québec qui cotise 2500$ au REEE de son enfant reçoit 750$ de subvention des gouvernements soit un retour immédiat de 30%.
  • Si l’enfant bénéficiaire du REEE ne fait pas d’études post secondaires, on peut changer de bénéficiaire ou transférer l’argent vers d’autres régimes enregistrés d’épargne
  • Les sommes retirées du REEE sont ajoutées aux revenus du bénéficiaire (et non du parent souscripteur). Le parent n’est donc pas imposé et l’enfant qui a un revenu moindre est imposé.
  • On peut laisser le REEE ouvert jusqu’à la fin de la 36e année après son ouverture. Ceci reste avantageux si le bénéficiaire décide de poursuivre ses études post-secondaires plus tard.

Idéalement on souhaite contribuer à tous ses comptes au maximum pour profiter des avantages qu’ils offrent. Mais pour beaucoup d’entre nous, cela reste une tâche difficile voire impossible à cause des moyens limités. Cet article donne un bon aperçu des comptes qu’il faut privilégier. Une fois que tous les comptes enregistrés sont maximisés, on peut commencer à utiliser des comptes non enregistrés pour ses investissements.

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